Pour l'heure, le gouvernement se contente d'étoffer sa boîte de pansements. Son projet de loi de
financement de la sécurité sociale, présenté lundi, ne prétend pas résorber de façon définitive le trou de
la Sécu. Mais des mesures d'économie et des recettes nouvelles doivent permettre de limiter en 2008 le
déficit du régime général à 8,9
milliards d'euros, contre près de 12 milliards d'euros cette année.
Selon les derniers chiffres publiés peu avant par la Commission des comptes de la Sécu, la branche
vieillesse accusera un déficit de 5,7 milliard d'euros en 2007, quand celui de la branche maladie
dépassera les 7 milliards. Les deux autres branches, familles et accidents du
travail, étant à l'équilibre.
Concernant la maladie, le gouvernement espère ramener le trou à 4,4 milliards d'euros en 2008. Il mise
pour cela sur l'anticipation des prélèvements de la CSG sur les dividendes - une mesure à un coup qui
rapporterait 870 millions d'euros.
Autre mesure annoncée : l'instauration de franchises médicales. Au premier janvier 2008, chaque patient
devra débourser 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical et 2 euros sur chaque
transport sanitaire. La franchise médicale, toutefois, n'excédera pas une limite de 50 euros par an et par
assuré. Le gouvernement en escompte 850
millions d'euros annuels.
que les franchises ne serviraient pas à « boucher les déficits », mais à financer le plan Alzheimer et la
lutte contre le cancer. Elles pourront être prises en
charge par les complémentaires santé.
Côté économies, le projet de loi espère de nouveaux efforts de la part des médecins pour qu'ils limitent
les prescriptions
de médicaments et d'arrêts de travail, en favorisant la prévention.
En matière d'assurance vieillesse, le gouvernement projette de ramener le déficit à 5,1 milliards. La
mesure phare envisagée par Nicolas Sarkozy consiste à s'attaquer aux pré-retraites, aussi bien du côté
salarié qu'employeur. Ainsi, la contribution des entreprises sur les préretraites maison va passer de
24,5% actuellement à 50%. Un taux de cotisation patronale supérieur à ce qu'il est sur un salaire. De
plus, les nouveaux préretraités seront soumis à la CSG à hauteur de 7,5%, comme les salariés. C'est plus
que les préretraités actuels qui conserveront un taux de
3,8%, ou 6,2% selon les cas.
Enfin, les mises en retraite d'office avant 65 ans, que Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir supprimer à
terme, subiront une contribution de 25% en 2008 et 50% en 2009, payable par les entreprises. Au total,
le gouvernement espère faire rentrer 500 millions d'euros supplémentaires dans les caisses. En attendant
le second volet de la réforme
des retraites l'an prochain.